Il y a cinquante ans, il y avait environ 200.000 habitants à Dakar.

Si l’on avait abordé la ville par le Cap Manuel, extrême pointe méridionale du Cap Vert, une fois escaladées les orgues basaltiques, on aurait triuvé au pied du vieux phare le Lazaret, qui existe encore.

Il avait été construit en 1862 et, il y a un demi-siècle, on en parlait comme l’asile des fous.

Si l’on se dirigeait vers la ville par l’avenue Pasteur, il fallait aller jusqu’à l’Institut du même nom, édifié en 1932, pour trouver des constructions.

En face, dans l’actuelle résidence du Chef d’Etat Major général des Armées, logeait le Général commandant en chef de l’aviation en Afrique Occidentale Française (AOF).

Il fallait descendre sur la côte Est, face à Gorée, pour trouver l’édifice que l’on appelle le Petit Palais : il avait été construit en 1938 pour loger les inspecteurs de la France d’Outre-mer ; après transformation il fut la résidence de Modibo Keita, président du Conseil des ministres de l’éphémère Fédération du Mali, avant d’être celle des Premiers ministres du Sénégal.

En dessous du Petit Palais, le Lido a longtemps possédé la seule piscine olympique de Dakar, avant qu’il ne devienne en 1982, après d’importantes transformations, l’hôtel Savana ; on y descendait par un immense escalier qui conduisait de la petite corniche au niveau de la plage.

A côté de l’Institut Pasteur, l’hôpital construit en 1912 n’était plus « l’hôpital indigène » sa première appellation, mais encore « hôpital central africain ».

Ce n’est qu’en 1966 qu’il fut placé sous le patronage d’Aristides Le Dantec, fondateur en 1918 de l’Ecole Africaine de Médecine, dont le bâtiment avait été construit en 1931, vers l’actuel Lycée Lamine Guèye.

Celui-ci fut édifié entre 1936 et 1938 et placé d’abord sous le patronage du Gouverneur Général Van Vollenhoven (Van Vo, pour les anciens).

La maternité voisine de l’hôpital avait été construite en 1932. Elle avait été précédée, au point culminant du Cap, par le château d’eau et, en face de celui-ci, par l’ambassade de Grande –Bretagne qui, lorsqu’elle fut construite en 1905, était le premier édifice diplomatique de la ville.

Lorsqu’on descendait vers le centre-ville, on aboutissait à la place de l’Etoile (ainsi nommée depuis 1907, avant de devenir place Charles Tascher en 1955). Le seul bâtiment administratif de la place était le siège de l’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN). IL avait été construit d’abord pour être la résidence du Gouverneur de la circonscription de Dakar et dépendances détachée de la colonie du Sénégal le 27 novembre 1924. Lors de la création de l’IFAN (institué en 1936 mais démarrant effectivement en 1938), il fut installé dans ce bâtiment et le premier directeur, Théodore Monod, y avait son bureau au sous-sol. Le dépôt légal était aussi installé dans le bâtiment. Lors du déménagement de l’IFAN, il fut remplacé par le Musée d’Art africain, toujours géré par l’Institut. (…)

A suivre !

Extrait de NOTES AFRICAINES n° 203-204 de Juin 2002 :

« Mélanges offerts au Père Joseph Roger de Benoist »

Avec la courtoisie de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire- Cheikh Anta Diop

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